Passer au contenu principal

Urbakab

Illustration de l'article : Droit de préemption urbain et réalisation de logements locatifs sociaux

Accueil › UrbaNews › Collectivités

/ Collectivités /

Droit de préemption urbain et réalisation de logements locatifs sociaux

26 septembre 2023·Rachel Kumar·1 min de lecture

Le propriétaire d'un bien préempté a saisi le Tribunal Administratif (TA) de Bordeaux afin de faire suspendre le droit de préemption mis en œuvre par la collectivité aux motifs que la commune a déjà atteint les objectifs fixés par la loi en termes de logements sociaux locatifs et que l'exercice du droit de préemption est dépourvu d'un intérêt général suffisant.

Le TA ayant rejeté la demande, le propriétaire s'est pourvu devant le Conseil d'État. Le Conseil d'État apporte le raisonnement suivant :

  1. Les principes du droit de préemption urbain : « Les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du Code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant. »
  2. La réalisation d'une quarantaine de logements, dont la moitié à caractère social, doit être considérée comme un projet ayant « par nature pour objet la mise en œuvre d'une politique locale de l'habitat et répond à ce titre aux objets définis à l'article L. 300-1 du Code de l'urbanisme. »
  3. Les objectifs fixés par l'article L. 302-5 du Code de la Construction et de l'Habitation (CCH) sont « des seuils à atteindre et non des plafonds ».

Le Conseil d'État a ainsi conclu que la circonstance que la commune concernée aurait déjà atteint les objectifs de logements sociaux locatifs n'était pas de nature à priver la mise en œuvre du droit de préemption d'un intérêt général.

/ Questions fréquentes /

À retenir en pratique

Une commune peut-elle préempter pour du logement social si elle a déjà atteint ses objectifs SRU ?

Oui. Le Conseil d'État juge que les objectifs de logements sociaux sont des seuils à atteindre et non des plafonds, ce qui ne prive pas la préemption d'un intérêt général.

À quelles conditions le droit de préemption urbain est-il légal ?

La collectivité doit justifier d'un projet réel d'action ou d'opération d'aménagement au sens de l'article L. 300-1, en faire apparaître la nature dans la décision, et la préemption doit répondre à un intérêt général suffisant.

Un projet de logements majoritairement sociaux répond-il à ces objets ?

Oui. La réalisation d'une quarantaine de logements, dont la moitié à caractère social, met en œuvre une politique locale de l'habitat au sens de l'article L. 300-1.

/ Lettre UrbaNews /

Recevez UrbaNews par email

Je décrypte chaque évolution réglementaire qui change l'instruction et le dépôt des dossiers. L'analyse arrive dans votre boîte, sans autre envoi.

Inscription gratuite, confirmation par email, désabonnement en un clic. Envoi géré via Brevo, hébergement des données en Europe.